Pour faire suite au communiqué du Bureau de l'Office de Tourisme du Pays de Dieulefit (voir) et à l'article de Philippe Adam dans La Tribune du 16 mars 2006, accompagnant celui-ci, voici un communiqué que La Tribune n'a pas jugé bon de faire paraître

COMMUNIQUÉ

Suite à l’article paru dans La Tribune du 16 mars, je tiens en tant que concepteur du projet « L’autre Tour de France » à apporter quelques précisions concernant celui-ci et son abandon par l’Office de Tourisme du Pays de Dieulefit et par le Centre d’étude des compagnonnages, co-organisateurs.

Ce projet était né du constat, fin novembre 2005, d’un « état d’urgence » prévisible en matière culturelle à Dieulefit pour l’été à venir, notamment à cause des difficultés de la Maison de la Terre. Faute d’animation-phare, la saison touristique s’annonçait très difficile.

Ayant quelques compétences au sujet du Compagnonnage, j’ai alors conçu un projet autour de cette thématique, le titre venant en écho de l’événement médiatique majeur pour la région durant l’été prochain : Montélimar ville-étape du tour de France cycliste. Le projet a été présenté à l’Office de Tourisme et à divers interlocuteurs dès le 2 décembre. Il emporta l’adhésion du Conseil d’administration de l’O.T. – comportant des élus du canton, de tous bords – qui accepta d’en assurer la co-organisation sur le plan administratif et gestionnaire.

Deux handicaps avaient été tout de suite ciblés : l’incertitude quant à la disponibilité des locaux de la Maison de la Terre, qui revenaient à la Communauté de communes si l’association cessait de fonctionner, et le problème des financements, sachant que le calendrier des demandes de subventions publiques risquait d’être chahuté par l’urgence. Du point de vue du montage qualitatif (il s’agit des Compagnons !) de cette manifestation et de sa médiatisation en amont, il était en effet indispensable que ces incertitudes soient levées au plus tard avant fin février.

C’est dans cette question de l’engagement – tout autant moral que financier – des élus locaux qu’intervient sans aucun doute la responsabilité de « certains » que dénonçait le communiqué de presse de l’O.T. Négligeant de m’interviewer mais sachant fort bien lire entre les lignes, l’auteur de l’article est allé solliciter préalablement à la publication du communiqué le point de vue du principal intéressé, monsieur Jean-Marc Audergon, maire de Dieulefit et président de la Communauté de communes, qui a bien sûr aisément botté en touche : non, rien n’a été refusé, rien n’était joué d’avance, et ce qui n’a pas pu être accordé, ne pouvait l’être à cause de modalités techniques… En résumé de cet article ambigu, si l’O.T. avait mieux monté son dossier et fait preuve de patience à défaut d’anticipation suffisante, le Pays de Dieulefit aurait pu bénéficier de cette remarquable animation ! A quand l’accusation que le coupable de ce ratage n’est nul autre que l’auteur du projet ? Car que n’a-t-il eu son idée plus tôt ?

Je n’userai pas pour ma part de la langue de bois : monsieur Audergon a été personnellement informé du projet dès le 2 décembre, et cette information l’invitait à donner son avis, à défaut d’engagement. Il a également assisté à la présentation officielle du projet lors de son adoption unanime par l’Assemblée générale de l’O.T. le 19 janvier. Par ailleurs, entre la naissance du projet et le constat que faute de certains financements, il était nécessaire de l’abandonner, monsieur Audergon et les techniciens de la Communauté de communes et du GAL (formellement saisis du dossier dès le 20 janvier) n’ont apporté aucun élément, ni pour soutenir le projet, ni pour s’y opposer, ni pour proposer d’en adapter le contenu en regard des possibilités réelles des subventionnements demandés et de leurs règles, ni pour critiquer la présentation du dossier. On a traîné des pieds sachant que le calendrier jouait contre le projet bien mieux que des refus. Quant au fait que selon lui, rien n’était joué pour ce qui touche au subventionnement demandé à la Communauté de communes (pas 9 000 euros comme il l’affirme, mais simplement 3 000), il eut été agréable aux personnes et aux élus s’étant investis dans ce projet de savoir plus tôt qu’il y était favorable : cela n’est pas que je sache contraire aux règles de la démocratie.

En conclusion, plutôt que de se lamenter sur l’inconsistance des politiciens et l’incompétence des technocrates, certainement est-il plus sage de se remémorer les paroles de l’Évangile : « […] ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent. » (Matthieu, VII, 6). Qui, l’an prochain, osera me reprocher de vouloir réaliser ailleurs ce projet ?

Jean-Michel Mathonière